Versigny
La mémoire de la commune
Versigny est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France. Le hameau de Droizelles appartient également à la commune.
Au fil de l’histoire
À ce jour, aucune opération archéologique n'a eu lieu sur le territoire de la commune. Néanmoins, les fouilles menées sur des terrains limitrophes situés sur la commune de Baron à l'occasion de la construction de la LGV Nord, ont livré des traces d'occupation gauloise, antique et du Haut Moyen Âge.
La première mention de Versigny remonte à l'année 1061 et concerne un moulin qui appartenait à la collégiale Saint-Adrien de Béthisy-Saint-Pierre. L'histoire médiévale du village est peu connue. Il est possible qu'il fasse partie du domaine royal jusqu'à ce que la famille de Laon en soit investie au XIIIe siècle.
En 1401, Péronelle de Laon vend la seigneurie à Henri de Marle, futur Chancelier de France. Ses descendants, qui prennent à la fin du XVIe siècle le nom de famille Hector de Marle, restent seigneurs du village jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Ils occupent des fonctions importantes au Parlement et la Ville de Paris. Par exemple Guillaume de Marle est prévôt des marchands de 1560 à 1564, Christophe Hector de Marle président de la Chambre des Comptes en 1631 et son fils Bernard Hector de Marle Intendant d'Alençon puis de Riom entre 1666 et 1682.
À la fin du XVIIe siècle, le château présentait un aspect bien différent de son état actuel avec une cour fermée, un logis asymétrique et une basse-cour au sud-est. Une ferme, dite du "Petit Hôtel", le jouxtait au nord-ouest. Elle se situait à l'emplacement du château médiéval et son pigeonnier est encore présent. Son ancienne tour d'entrée surnommée « le donjon » s'est effondrée à la fin des années 1950.
Le parc à la française, inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, est élaboré entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Il a souvent été attribué à André Le Nôtre bien qu'aucune source historique ne vienne l'attester. D'autres traditions comme la construction d'un château par Louis d'Orléans, sa démolition par le cardinal de Richelieu ou les visites de Charles de Chauve et de Jacques-Bénigne Bossuet, ne sont pas non plus fondées et sont certainement dues à une confusion avec la commune homonyme de l'Aisne.
Pendant la Révolution, les pierres tombales présentes dans l'église Saint-Martin sont dégradées. Le château reste possession d'Antoinette Marguerite Lhoste de Beaulieu qui en avait l'usufruit depuis la mort de son mari Simon Berthelot en 1782. Elle meurt en 1801, transmettant le château à son frère Claude Léonor. L'édifice appartient toujours aux descendants de ce dernier.
En 1826, le village de Droizelles est rattaché à la commune de Versigny.
C'est dans les années 1830-1840 que le château prend son aspect actuel, à la suite des travaux menés par Jean Baptiste Isidore et Aglaé Louise Léonore de Junquières. Les armoiries des Junquières ornent l'aile sud du château, tandis que l'aile nord arbore celles de Marie Louise Bénédicte de Rouffiac, mère d'Aglaé et veuve de Claude Léonor. Aglaé de Junquières fait également restaurer l'église Saint-Martin où avaient eu lieu son baptême et son mariage.
En 1856, sa petite-fille Claire Louise Beynaguet de Pennautier épouse Guy Gabriel Henri Coëtnempren, comte de Kersaint, petit-fils du contre-amiral Guy Pierre de Kersaint. Le château est resté dans la famille Kersaint depuis.
Au début de la Première Guerre mondiale, la bataille de l'Ourcq prit son origine à Versigny avec l'arrivée de cinq Uhlans, le 1er septembre 1914. Ces derniers se sont postés à la porte du parc, ordonnant à la population de ne pas quitter le village. Ils cassent toutes les bicyclettes qu'ils trouvent et coupent les pneus.
Dans la dernière phase décisive de la guerre, à l'été 1918, le général Mangin établit son quartier général au château de Versigny. C'est ici que la seconde bataille de la Marne est préparée et que la base de la victoire contre les Allemands est donc posée. Mangin décrit Vesigny dans les lettres à son épouse ; elles font l'objet d'un recueil publié en 1950. Enfin, le 16 octobre 1918 eut lieu la Conférence de Versigny, lors de laquelle fut décidé d'engager la 10e armée française à l'attaque des Allemands.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Versigny joua un rôle important dans la Résistance du sud de l'Oise et du nord de la Seine-et-Marne. Pendant sa deuxième mission en France, l'agent secret Marcel Fox créa le réseau Publican le 14 avril 1943, actif dans le secteur, jusqu'à Meaux. Publican était subordonné au réseau Buckmaster, selon le nom du colonel britannique Maurice Buckmaster, appartenant au Secret Intelligence Service. Ce vaste réseau regroupait au total vingt réseaux de résistance en France.
Les origines du nom
La commune a porté le nom de Verciniacum en 987 (Ernest Nègre) ; de Verciniaco (1060) ; apud Versenniacum (1061) ; Verecigniacus (1211) ; Vercegni (1211) ; de Verceigniaco (1258) ; de Vercenis (XIIIe) ; Versengny (1317) ; Versigny (1340) ; Sanctus Martinus de Verceigniaco (XVe).
De Vercinius + acum (E. Nègre).
Un patrimoine à découvrir
Versigny compte quatre monuments historiques sur son territoire.
L'église Saint-Martin, se situe à l'extrémité est du village, sur la route de Nanteuil-le-Haudouin (classée monument historique par arrêté du 5 juin 1907) : Son sobre clocher de la fin du XVe siècle porte une haute et élégante flèche ajourée de la même époque, dont le style évoque le XIIIe siècle. Le reste de l'église date pour l'essentiel du second quart du XVIe siècle, et est d'une architecture gothique flamboyante très soignée. Malgré sa faible profondeur, le vaisseau central est large et élancé, et les piliers sont particulièrement fins. Une abside à pans coupés suit aux trois travées droites, qui sont accompagnées de bas-côtés se terminant par un chevet plat. La dernière travée du bas-côté sud est décorée d'arcatures trilobées à l'extérieur, et d'une voûte enrichie de quatre clés secondaires délimitant un rectangle. Un portail bouché au sud et le remarquable retable de pierre datent de 1561, et sont de style Renaissance. Le portail occidental, d'un style Renaissance tardif, a été réalisé après coup.
Le château de Versigny (inscrit Monument Historique) : Il est situé au sud-est de l'emplacement de l'ancien château médiéval. Le plus ancien plan du château montre qu'à la fin du XVIIe siècle, il possédait une cour fermée avec un pavillon d'entrée donnant sur la route, un logis en fond de cour et deux ailes asymétriques. Le château possédait en outre une basse-cour située au sud-est. Une ferme, dite du "Petit Hôtel", se trouvait à l'emplacement du château médiéval et son pigeonnier est encore présent.
Le paysage et le village
Versigny est un village situé dans le département de l'Oise en Picardie qui s'étend sur 1 450 hectares et qui compte 368 habitants en 2007, soit 25 habitants par km2. Il est traversé par la Nonette. La commune est proche du parc naturel régional Oise-Pays de France à 3 km.
La grande ville la plus proche est Senlis à 14 km ; les villages limitrophes de la commune sont Baron, Montagny-Sainte-Félicité et Rosières.
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Nonette, le ru Marquant et le ruisseau de Coulery.
La Nonette, d'une longueur de 40 km, prend sa source dans la commune de Nanteuil-le-Haudouin et se jette dans l'Oise à Saint-Leu-d'Esserent, après avoir traversé 14 communes.

